Textes et méditations

« Que tous soient Un, comme toi Père tu es en moi et moi en toi » Jn 17, 21

Ce désir du Seigneur est extrait de sa grande prière, « la prière vibrante de Jésus au Père pour que ses disciples soient un afin que le monde croie »  .
Il nous la donne à un moment ultime et  crucial – au sens figuré et au sens propre : au Cénacle après l’Institution de l’Eucharistie et du Sacerdoce et avant la Passion.
Elle est donc comme son Testament et revêt par là même une importance majeure.
En outre, Jésus va laisser ses apôtres « seuls », sans sa Présence visible et fédératrice au milieu d’eux. Il sait combien, pour être fidèles, ils devront se souvenir de toujours puiser leur unité en Lui et en Dieu.
Et plus précisément, dans la Vie et l’Amour trinitaire ici exprimée par cette inhabitation mutuelle du Père et du Fils, d’où procède l’Esprit-Saint.«

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« Vous voilà, mon Dieu. Vous me cherchiez ?
Que me voulez-vous ? Je n’ai rien à vous donner.
Depuis notre dernière rencontre,
je n’ai rien mis de côté pour vous.
Rien… pas une bonne action. J’étais trop lasse.
Rien… Pas une bonne parole. J’étais trop triste.
Rien que le dégoût de vivre, l’ennui, la stérilité.
– Donne !
– La hâte, chaque jour, de voir la journée finie, sans servir à rien ;
le désir de repos loin du devoir et des oeuvres,
le détachement du bien à faire, le dégoût de vous, ô mon Dieu !
– Donne !
– La torpeur de l’âme, le remords de ma mollesse
et la mollesse plus forte que le remords…
– Donne !
– Le besoin d’être heureuse, la tendresse qui brise,
La douleur d’être moi sans recours.
– Donne !
– Des troubles, des épouvantes, des doutes…
– Donne !

– Seigneur ! Voilà que, comme un chiffonnier,
Vous allez ramassant des déchets, des immondices.
Qu’en voulez-vous faire, Seigneur ?
– Le Royaume des Cieux. »

 

 

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« Mon Dieu, je ne vous aime pas, je ne Ie désire même pas, je m’ennuie avec vous
Peut-être même que je ne crois pas en vous.
Mais regardez-moi en passant.
Abritez-vous un moment dans mon âme, mettez-la en ordre d’un souffle,
sans en avoir I’air, sans rien me dire.
Si vous avez envie que je croie en vous, apportez-moi la foi.
Si vous avez envie que je vous aime, apportez-moi l’amour.
Moi, je n’en ai pas et je n’y peux rien.
Je vous donne ce que j’ai : ma faiblesse, ma douleur.
Et cette tendresse qui me tourmente et que vous voyez bien…
Et ce désespoir… Et cette honte affolée…
Mon mal, rien que mon mal…
C’est tout !
Et mon espérance ! »